24/04/2006

/l'éloignement/

On croit pouvoir parler. On croit toucher. Ne pas prendre de gants pour toucher. Pour apporter ce qu'on désire, et pour aller chercher la part de l’autre. Mettre ses mains, puiser. En sortir fatigué. Défait. On veut refaire, répéter, mais il n’y a pas deux éclairs de suite sans un grondement. On veut de la sensation à perpétuité. On prend le risque de s’éloigner sans savoir de quel bord de la falaise on se trouve. On tombe sur quelqu’un, on rebondit dans les soirées, on se retrouve dans les bras de quelqu’un d’autre. Rien ne survit que l’amertume. Je n’ai jamais eu vraiment de don pour dessiner, alors je ne te fais aucun dessin. Mais je poursuis une idée de l’amour à perpétuité. Malgré les chagrins. Malgré l’éloignement que je sens et qui arrive en toi, en moi, hors cet étau risible du monde qui un court instant met en lumière deux personnes à un coin de rue, à la table d’un restaurant, dans une salle de cinéma. Je ne sais pas qui je trouverai à l’arrivée. Je ne sais pas si tes mains me manquent ou si c’est juste de la sensation qu’on m’enlève, du bonheur infernal qu’on me retranche. Je ne sais plus si ta voix est une caresse ou une route que je prends sans y faire attention. Je ne sais plus si c’est toi ou une autre que je trouverai à l’arrivée. Détache-moi du détachement. Je sais que l’amour fou est un blessé léger qu’il fait bon veiller le soir. Je sais que le temps circule comme une drogue. Je sais que la nudité est toujours une étape et la pornographie un peu de sel sur le dos de la main. Je ne sais pas de qui j’ai envie tout de suite et de qui j’ai envie pour toujours. Il y a trop d’obscurité et trop de lumières. Je suis juste malade de n’avoir pas trouvé en nous de consolation qui tienne. Mais je sais que je poursuis l'idée d'un amour fou à perpétuité.

16:10 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je ne sais pas où ça mènerait
Si tout ça commençait

Écrit par : Clandestino | 24/04/2006

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