08/01/2006

/sans légalité, sans identité/

D


élinquance, honte, crime ? Maria Garcia se cache. On ne verra pas son visage. Derrière les paroles, son image est brouillée, sa silhouette confondue dans le clair-obscur, ses yeux couverts d'un bandeau. Venue clandestinement d'Amérique latine à Bruxelles, elle fait partie de ces milliers de sans-papiers dont l'existence, qualifiée d'« illégale », se vit sans passé, sans avenir, car sans papiers, avec la peur constante de celui qui doit fuir. « Pour nous, l'espace ville est de plus en plus restreint, à cause des contrôles dans la rue, dans le métro, partout ». Cette rencontre, au cours d'un reportage, rend bien la dimension souvent tragique de cette « vie au ralenti », et l'espoir , « comme un rêve, d'obtenir, un jour, le droit d'intégrer la société belge ».

Aujourd'hui, on dénombre 80 000 personnes vivant dans la clandestinité ou détenues dans les quatre centres fermés du Royaume. Au-delà de ces chiffres qui prouvent l'incapacité des gouvernements successifs à résoudre le problème, l'UDEP (l’Union pour la Défense des sans-papiers) donne, tant bien que mal, une visibilité sociale à cette « population flottante », comme l'appellent, par euphémisme, les pouvoirs publics... Sortis de l'ombre, les sans-papiers de l'église Saint-Boniface, à Ixelles, témoignent de la lutte de ceux qui refusent de rester davantage dans l'anonymat et décident de ne plus être les « bons enfants de la maison belge, qui disent oui, toujours oui ».

Tant qu'il y aura des frontières, il y aura des fugitifs et des personnes pour profiter de leurs situations précaires. Passeurs, trafiquants d'hommes, marchands de sommeil, charters, vols groupés, travail au noir... Autant de facettes taboues et d'embûches de la clandestinité.

Quand l'aporie se fait cri d'alarme, y rester sourd est le véritable scandale.


Voilà, camarades blogueurs, pourquoi ce métier me passionne...

 

reportage à télécharger




19:16 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bien le bonjour! Et c'est tout à ton honneur.
Amicalement

Écrit par : DUKE | 10/01/2006

Dans les draps de l'underground Je viens de lire "sur le fil" et "le soleil ne finit jamais", j'aime la personnalité qui imprègne tes écrits. Je suis quelqu'un qui aime le caractère et tu sembles être une personne qui partage cela, tu dégages un esprit très particulier et certaines réactions montre et images que tu emploies le confirme.
Tu donnes une vision parfois crue mais juste de certaines choses, loin du monde factice inventé par la société pour faire parader fièrement les soldats du mensonge le jour de la fête nationale de l'hypocrisie. Tu parles de l'underground, le monde du dessous, que peu connaissent, fréquenté par les artistes, les paumés, certains genre de rockeurs, des incompris, des fêtards invétérés... des gens que peut on l'habitude de vraiment approcher. Tu es un vrai bruxellois, pas au sens cliché ou commun du terme, non, mais de la façon de ceux qui ressentent vraiment la ville, comme lors d'un lever de soleil à cinq heures du mat, tout seul avec une
bouteille au mont des arts; ou de ceux qui s'arrêtent en touchant un vieux mur du centre et en se disant que la vérité de l'endroit se trouve là; en marchant tard le soir dans une rue peu ou pas fréquentée après un soir de pluie qui distille une odeur qui n'existe qu'ici... oui je te vois bien dans ces différents contextes qui me correspondent également, bien sûr je peux totalement me tromper... est-ce le cas?
J'adore certaines répliques du genre: c'est vulgaire une fille qui fume dans la rue... entièrement d'accord avec toi, on devrait l'épouser.
Je connais tous les endroits que tu décris et forcément cela fait qu'on se sent plus proche du truc. J'aime bien par exemple quand tu parles de l'histoire avec le garde du corps de la riche au Belga Queen, c'est sûr que dans un endroit qui demande 5 euros pour une pisse( bière j'entend) ca peut arriver. La partie avec William Cliff, ca me fait penser à Fight Club mais version bruxelloise, je cerne trop l'ambiance que tu décris.
Ca fait très vampire à certains moments... c'est voulu parfois non? encore une fois je parle pas des vampires clichés tout entogés (je viens de l'inventer, ca veut dire drapés dans une toge... logique) et ridiculement prévisibles mais de ceux du genre mélancolie éternelle qui ne peuvent vivre sans elle, le vampire de type malkavien( sais pas si tu connais), toujours dans un trip qui divise la réalité et le rêve( pas toujours rose) en deux parties d'une tarte qu'il a peur d'ingurgiter, on le prend pour un dément mais il ne comprend pas pourquoi les autres ne le comprenne pas lui. Il est pourtant malin, il a seulement une psychologie que le autres ne peuvent pas saisir, quoi que une bouteille ou un petit sachet ca peut aider. Pas le genre de type à se trouver là mais pourtant il y est et une fois là il semble faire partie du cadre, jusqu'à un certain point peut être, certaines choses le rattachent là et d'autres lui font se demander avec une voix qui semble étrangère au fond de lui ce qu'il fout là. Il y est pourtant en attendant une fille qui comme lui n'a rien à foutre là mais il est pourtant certain qu'elle viendra, est ce que ce seul point commun les rapprochera?
Bon je m'arrête là j'ai déjà écrit beaucoup et je veux pas t'ennuyer, on sait jamais à force mais voilà je voulais te dire que j'aime bien ton style et ton esprit et que je ressens certains trucs de la même manière.
A plus, si tu fais ce choix, je veux surtout pas forcer une visite commerciale chez moi mais si tu répondais ne fut ce qu'ici ce serait cool.

Écrit par : Banur | 14/01/2006

je viens de lire ton reportage...
Pour avoir côtoyé des réfugiés, je suis sensible à ton initiative...
Juste te le dire...

Écrit par : crysalidea | 19/01/2006

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