17/11/2005

/et les pommes à turbines ?/

Pour ceux qui flippent La Flo dessinée, foutez-la dans le grille-pain, elle sera auto-projetée avec des dizaines de sirènes en caoutchouc et de la pâte à bisous qui s'applique à vous colorier la carotide quand le ciel est blanc comme l’intérieur d’un gâteau de rêves et les étoiles noires comme des trous d’encre.
 
le blog de flobert :
 
http://flobert.canalblog.com/

00:22 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

14/11/2005

/l'absolu ment/

L


'organisme saturé, le bétail des fêtes obligatoires, le chagrin comme à Cracovie. Thomas rejouait Un violon sur le toit à l'échelle d'une brasserie ixelloise. Passades me passeront. Il te faut un amour absolu. Absolument. Il te faut des matins qui te fassent battre le coeur, et non pas le dégoût qui endort. Il te faut une faille ou des jambes à sucer comme une glace pour les soirs. Emmène-moi. Et la guirlande de la dérision dépérira au-dessus de ce serment.

/Chaque nuit, chaque matin, certains naissent pour le chagrin. Chaque matin, chaque nuit, certains naissent pour le délice exquis./
Elle avait les bras nus, de dos dans la vitre du Café, et le grand cannibale des t-shirt sexy qui la matait effrontément l'avait reconnue tout de suite. Ses bras nus, j'aurais voulu m'en servir de collier. De bouée de sauvetage. De camisole. Le vert de mes yeux avait gagné son combat contre la pupille et me brûlait. Personne pour vous servir de guide dans une histoire d'amour naissante. Que l'emballement des libellules qui toussotent et trébuchent dans les joncs.

Elle disait qu'elle voulait vivre une histoire avec un jeune auteur, tomber amoureuse est la formule exacte, parce qu'ils font ça comme des soldats et aiment comme des prophètes.

Je me promettais de ne pas la regarder jusqu'à la prochaine station, et pourquoi pas ne pas lever les yeux sur elle jusqu'à la fin du trajet et si je tenais jusqu'à la fin du trajet, la fin de la vie tout aussi bien. L'exclure des possibilités de m'effondrer (dans ses bras). Et puis l'instant d'après, je voulais qu'elle prenne mon visage dans ses mains pour m'embrasser, et qu'elle me fasse jouir contre ses fesses nues.

Elle m'apprit avec quelle rapidité d'exécution quelque chose qui ressemble au bonheur peut devenir une écharde.

/Certains naissent pour le délice exquis, certains pour la nuit infinie./


22:55 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

07/11/2005

/caché/

/ La réalité d'un instant par tout ce qu'elle impose, toutes les directions qu'elle condense et promet, pour celui qui en a conscience, ne peut être vécue que sur un mode épileptique. Une suspension. C'est l'expérience à la fois du scénario et du cadrage au cordeau, dénué de tout effet, du dernier film de Michael Haneke. Il y a un trop plein de réalité, un miroir qui nous renvoie ses hypothèses, ses malaises, une flèche qui nous montre une sortie de secours et qui dans le même temps dit que la sortie n'est jamais un secours mais plutôt un gouffre, une fin, un hors-présence. /
 
Caché de Michael Haneke (France)
avec Daniel Auteuil, Juliette Binoche, Maurice Bénichou, Annie Girardot...
1 h 57.
 
 
 

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05/11/2005

/la mécanique des fluides/

C


'est comme si parfois vous étiez projeté par le vent, dans le sens d'une vie, sans aucune prise pour vous arrêter un moment, pour dire les choses avec le calme et l'intensité qu'elles méritent - la peur de tout déballer et la frontière avec - et les gens que vous croisez, que le désir, le coeur, ou la fraternité si rares rapprochent de vous, s'éloignent un beau jour, plaqués au sol par la vie ou s'enfuyant les mains impuissantes le visage aspiré dans les coulisses et les limbes du spectacle de votre passé ; dans d'autres quartiers de votre ville ou de votre mémoire ; et j'ai toujours l'idée que l'écriture est le lieu de l'abolition de la mécanique froide du temps qui passe.

 

Dans les jours de grande sensibilité c'est comme si pour quelques secondes j'attrapais la vie des personnes que je frôle, la liste des choses qui leur passent par la tête, qui leur traversent le coeur ; je fais des croix rouges à côté du mot amour.

Je n'ai jamais l'impression que les choses me traversent le coeur, mais qu'elles y restent coincées comme un caillou dans une chaussure. Si parfois je suis dur avec certaines personnes j'aurais tendance à dire que c'est parce qu'elles ont compris trop tard ce que la vie attendait de nos rencontres.

 

Les crépuscules d'automne à Bruxelles, je ne peux rien faire d'autre que sortir, attendre comme un loup-garou le moment d'écrire. Parfois je rencontre une connaissance, une ou un ami, et nous allons prendre un café ; alors l'écriture patiente, mais il suffit du gouffre d'une absence, d'une blessure entre ce que l'on désire et ce qui n'est pas donné, pour qu'elle revienne, rapide, moqueuse, incessante et écarlate. On écrit à l'horizontal parce qu'on ne sait faire que des passerelles au-dessus de nos gouffres.

 

Et souvent les gens n'ont aucune espèce de précaution, ils vous balancent leur vie comme un pourboire sans se douter des terrains glissants que cela ouvre en vous, des failles, des pentes et des pensées insupportables.

 

Le mot "connaissance" me plait assez pour parler de ces amis qui ne sont pas considérés tels. Parce que c'est vraiment tout sauf de la connaissance. Et même je dirais que la plupart de nos amis font preuve à notre égard d'une stricte connaissance, ils nous enferment dans un schéma confortable. Et être ému par quelqu'un, souvent, c'est deviner à ses dépends que le schéma ne tient pas.

La première fois que j'ai vu S., voilà, j'étais bouleversé - malgré la cannibalisation altière de l'instant que lui conférait sa beauté - par cette absence flagrante de digues, de remparts. C'est pour cela qu'Antigone suit Oedipe je pense, parce qu'elle ne supporte pas de le savoir hors les remparts. Elle veut faire rempart de ce qu'elle est, et de ce qu'elle deviendra. à deux si le chemin se trouve.

 

Quand on aime quelqu'un peut-être une vie ne suffit pas à construire des remparts. On échoue lorsqu'on devient plus fragile que sa construction. Alors on verse dans la folie ou l'on appuie sur l'interrupteur.

 

Le soir je croise des silhouettes de femmes qui me plaisent, des visages à la dérobée, et je m'imagine dormir dans les bras de celle-ci, préparer un repas tout simple mais merveilleux pour celle-là au terme de sa journée. J'ai les bras ballants du possible. Et le coeur en charpie.





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