07/09/2005

/it's a warm gun/

/ C'est une image.
Evanescente comme une trainée de poudre dans un bar.
Hanane. La jeunesse d'un corps harmonieux, et le rêve parfait.
Dans la petite bouquinerie du boulevard Lemonnier, elle ployait la taille et oscillait en quête d'ivresse, de volupté. Plus tard, je lui glisserai à l'oreille que dans tous les poèmes, il y a des loups. Mais Hanane est avertie déjà. Elle a lu l'Amant de Margueritte Duras et fréquente Florian Zeller à Paris. Elle sait quelque chose. Elle sait que ce ne sont pas les vêtements qui font les femmes plus ou moins belles, ni les soins de beauté, ni le prix des onguents, ni la rareté, le prix des atours.
Elle sait que le problème est ailleurs.
Elle ne sait pas où il est.
Elle sait seulement qu'il n'est pas là où les femmes croient.
Il n'y a pas à attirer le désir. Il est dans celle qui le provoque ou il n'existe pas.
Il est déjà là, dans ce premier regard ou il n'a jamais existé.
Il est l'intelligence immédiate du rapport de sexualité ou bien il n'est rien.
Celà, de même, Hanane le sait.
Mais il y a l'Autre. L'Autre s'écrit toujours avec un "A" majuscule. C'est mathématique. Il fait partie de votre vie, maintenant. L'Autre est toujours plus attractif que n'importe quel autre parce qu'on ne connaît pas l'Autre. Son histoire avec l'Autre, peut-être, n'existe pas.
Il n'y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne.
Il y a de vastes endroits où l'on fait croire qu'il y a quelqu'un, ce n'est pas vrai; il n'y a personne.
Pourtant, il est là.
Alors, pour oublier, on fume des clopes.
Un regard bref, aussitôt détourné, le petit sourire et les lèvres qui remuent sans dire un mot.
Et la fidélité.
La fidélité à l'Autre qui tisse sa toile pour mieux saisir sa proie.
Et la tentation.
Son corps entier hésite, résiste et se débat.
Elle est là, bien réelle.
Le désir aussi.
Le vertige du désir.
Elle me tuera.
Plus tard, je lui chuchoterai à l'oreille que dans tous les poèmes, il y a des loups.
Le plus beau de tous : elle danse dans un cercle de feu et rejette le défi avec un haussement d'épaules. /

16:23 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |