02/08/2005

/Arona. burlesques & vertiges existentiels/

/ Oui.


C'est seulement cette crainte, cette quête, cette histoire, cette empreinte, cette frontière, cette logique, ce mouvement qui cherche à dissoudre les particules du sentiment qui me poursuit.
 
Je suis seul, à nouveau, et dois essuyer les évènements tels qu'ils se présentent. Résigné dans l'endurence, parce que je tremble encore de n'avoir pas assez vécu. Le manque me trahit. Moi, qui ne jure que par l'expérience, l'échange, la confrontation et puis l'envie.
 
Alors que la plupart de mes proches ont pris la route pour de grandes métropoles, je me trouve seul sur un banc, face au Lac Majeur, face à un paysage sans propriétaire. Sans âge. Ni loi.
 
Paris, Londres, Berlin, New York, Tokyo ont toujours eu pour moi une consonnance synthétique. Ce ne sont que des noms imprimés sur une mappemonde, des points rouges ou noirs enfuis dans des couches de verdure et d'azur. Paris, Londres, Berlin, New York, Tokyo. Il m'est impossible de désirer des sons aussi purs. Les histoires qui y sont liées sont toutes fictives. Elles ne font que remplir le temps et tuer l'ennui.
 
Au début était pourtant le mythe : Zeus, le dieu des dieux métamorphosé en taureau, enlève la princesse Europe et la séduit. À l'origine du continent auquel Europe donne son nom, il y a donc la beauté et le désir, la puissance et la violence, l'innocence et la perversion. L'histoire développera tour à tour ces prémices.
 
Mais de nos jours, chaque voyage s'apparente à une fuite. Elle porte en elle des poussières d'existence, des milliers d'excuses et d'alibis. Chacun emporte ses drames, ses fissures, ses espoirs, ses jouissances. Moi-même ne suis qu'un fumiste, rien de plus qu'un imposteur. Ce n'est ni la volonté, ni la curiosité touristique qui m'ont poussées à venir ici. Tout au plus l'angoisse. L'angoisse de la finitude, cette petite mort anticipée. À présent, seul m'importe le vide, le déchirement virginal face à l'inconnu. Tout repère doit être anéanti pour pouvoir se fondre dans l'envie. Le silence. Jusqu'au vertige. Le silence, jusqu'à l'oubli. L'extraordinaire commence au moment où tout s'arrête. /






13:04 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour l'artiste. La solitude ça n'existe pas ,disait.......

Amicalement swing.

Écrit par : DUKE | 03/08/2005

En toute sincérité! Tu es trop aimable Raph.Moi ,par contre,je vibre devant la haute tenue de tes textes.
Amicalement.

Écrit par : Duke | 03/08/2005

/*/ Dear, on va arrêter de s'envoyer des fleurs...
Continuons à partager nos fruits ;)

with luck & energy,

Écrit par : raf/chien_de_lune | 05/08/2005

......................... Séneque écrivait à Lucilius dans une de ces fameuses lettres qu'il ne servait à rien de voyager pour tenter d'oublier ses malheurs. Je ne puis qu'aquiescer. Berlin ou Tokyo ne furent jamais pour moi que d'autres décors où se jouaient les mêmes pièces. Le voyage en solitaire ou avec ses amis reproduit la même farce. Jouer un autre thème, c'est découvrir d'autres personnes. Le voyage représente cette possibilité phantasmée.
C'est le moyen des sots ou des lâches qui pourraient tout aussi bien traverser la rue pour chercher ces rencontres. Bruxelles n'est-il pas assez multiculturel?Ainsi le lointain fantasmé nous empêche insidieusement de faire le premier pas dans notre vie de tous les jours.
Faudra-t-il aller à Ibiza ou à Majorque pour oser charmer????

Écrit par : Harold | 30/08/2005

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