26/07/2005

/45° 27' N 9° 17' E/

/ Milan. Ville de transit.
Dernière escale. Derniers soupirs.

Sur les murs, une incitation à l'hédonisme : "Arrêtez vos études, devenez un super-modèle milanais". Ici, l'indolence est le complément alimentaire de près d'un million cinq cent mille âmes. Sur une terrasse de café, je noue connaissance avec Eleonora : paire de Gucci (édition limitée), bracelet étoile de mer Mariella Burani au petit-déjeuner ; à midi, téléphone mobile (85 grammes, mode "mains libres") ; le soir, robe fourreau en soie bleue et ceinture frangée Chiara Boni, veste en daim brodée et patchwork de peau Gianfranco Ferré. En alternance avec des bottines Fendi, des sandales en cuir vieilli Bruno Frisoni.

Be yourself* ! Bien dans sa peau ! (*air connu).

J'ai lu un article sur la consommation d'eau minérale ; minimum trois litres par jour.
Grâce à elle, les modèles gardent une peau délicate. Une peau de satin.
Les modèles ont beaucoup de temps libre et une fois descendues du podium, elles peuvent directement courir aux WC's. Ce n'est pas pour rien qu'elles défilent d'un pas alerte, comme si elles étaient pressées d'aller chier.
Le slogan a pour mérite d'être réaliste : dans la vie, il faut savoir ce que l'on veut et où l'on va. Milan, c'est un casting permanent où l'erreur esthétique ne pardonne pas.

Be yourself* ! Bien dans sa peau ! (*air connu)

Eleonora, une fille d'humeur un peu changeante, fine, gracieuse et attachante.
Plus d'une semaine dans sa ville, "elle étouffe". Plus d'une semaine en dehors de cette même ville, elle s'ennuie au point de "compter les jours". Elle est parfois mélancolique lorsqu'elle brunche avec une amie piazza Mercante, le dimanche matin. Elle sort le mercredi, le jeudi et le vendredi. Jamais les week-ends.
Sortir le week-end est un manque de savoir-vivre total.
Elle aimerait voir la Cenerentola de Rossini au Teatro alla Scala, mais ne trouve jamais le temps d'y aller. Le temps passe beaucoup trop vite.
Le mardi, elle suit assidûment son cours de Pilates pour obtenir un corps de rêve.
Après, elle prend une S.Pellegrino "entre amies" comme sur Fashion TV.
Elle passe ses "befores" au bar du Lollapaloosa et redécouvre le Plastic.
Enfant, elle adorait la littérature française et les papiers de Gianni Minà.
Elle sait changer une roue et faire chauffer de l'eau pour les Farfalles de Capri.

Parfois, elle veut faire bien alors d'un seul coup, elle lave un bol.
Elle est la première à repérer les bons modèles chez Prada, mais elle fait aussi les soldes presse, "così fan tutte, Caro mio!".
Elle a peur d'avoir des enfants et peur de ne pas en avoir.
Elle ne veut pas rester célibataire mais refuse de vivre à deux.
Elle a une "fifa felina" [trouille bleue] de s'engager mais n'a pas envie de rester seule.
Comme toutes les milanaises, elle dit venir d'ailleurs, un pays de vigne et de soleil.
Avec les beaux jours d'été, elle flâne sur les terrasses du canal I Naviglio, au sud du Corso Porta Ticinese. Elle aime ce quartier romantique et bohémien.

On lui a déjà brisé le cœur quelquefois.
Alors la nuit, elle file en scooter sur les quais du Pavese, chez son dealer de hash pour oublier tout ça.
/





/50° 4' N 19° 57' E/

&

/45° 27' N 9° 17' E/

r é c i t s à r e b o u r s

(les photos suivront...)

05:19 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

25/07/2005

/sur le fil/

- D'après vous, tous les musulmans sont-ils des terroristes potentiels ?
- Bien sûr que non, mais derrière les burkas et les voiles se cachent de vraies petites bombes...

17:00 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/07/2005

/vanished/

/ Dans la petite librairie de la via S. Giuliano, les micros dansent sur un semis de vanités. Je prends plaisir à tremper un doigt dans mon verre d'eau en attendant que s'abatte la prochaine salve de questions. J'ai toujours eu ce petit geste futile, quand quelque chose me fatiguait. Tremper un doigt, un annulaire, comme pour signifier que je cherchais un passage vers d'autres lieux, comme pour me prouver que l'on pouvait être à deux endroits à la fois. Dans la tradition karmique, l'eau est l'élément qui règne sur le monde des sens, des émotions, des sensations et des intuitions. Il entraîne l'esprit bien au-delà du rationnel et du logique, et met l'individu en relation avec l'infini. L'indéterminé. L'ineffable. Déjà, je prends la fuite. Philosopher sur l'écriture m'a toujours paru perdre en spontanéité. 

/ Considérez-vous ce livre autobiographique ? /
 
/ Vous savez, en fait, tout n'est-il pas autobiographique ? Ne voyons-nous pas le monde à travers notre petite serrure ? Je pense toujours à Thomas Wolfe. Avez-vous lu cette petite "Note au lecteur" au début de L'Ange exilé ? Il dit qu'on est la somme de tous les moments de notre vie et que quiconque s'assied pour écrire, utilise l'argile de sa propre vie et que c'est inévitable. Quand je regarde ma vie, je dois admettre que... Les armes à feu ou la violence n'ont jamais fait partie de ma vie, pas vraiment. Pas d'intrigue politique, pas d'accident d'hélicoptère. Pourtant ma vie, de mon point de vue, a été remplie de drames. Pas de quoi se fondre en larmes, ce n'est pas ce que je veux dire. Je parle de drames au sens théâtral du terme. J'ai donc pensé que si je pouvais écrire un livre qui pouvait dire ce que c'est que de rencontrer quelqu'un... L'une des choses les plus passionnantes qui me soit arrivées, c'est de rencontrer quelqu'un, d'établir ce contact. Si je pouvais réussir à transmettre ça, ce serait une tentative, ou... Ai-je répondu à votre question ? /
 
/ Je vais essayer d'être plus précise. Vous est-il arrivé de rencontrer une Femme dans un train avec qui vous ayez passé la soirée ? /
 
/ Vous voyez, pour moi... ce n'est pas si important. /

/ Donc, c'est oui ? /
 
/ Je suis à Milan et c'est la dernière étape de ma tournée, alors : oui. /
 
/ Merci. /
 
/ M. Raphaël, le livre se termine sur une note ambiguë. Nous ne savons pas. Se retrouveront-ils dans six mois comme ils se le sont promis ? /
 
/ Comme ils se le sont promis ? /
 
/ Votre réponse à cette question vous révèle soit comme un romantique, soit comme un cynique. /
 
/ Vous, vous pensez qu'ils se retrouveront, n'est-ce pas ? /
 
/ Vous, sûrement pas. /
 
/ Et vous espérez, mais sans être sûr. C'est la raison de votre question. Et vous, que pensez-vous ? /
 
/ Vous êtes vous retrouvés, réellement ? /
 
/ Si on s'est... ?
Écoutez, pour parler comme mon grand-père : "Répondre à ça, gâcherait tout." /
 
Je lance un regard à Max, mon directeur littéraire.
/ Nous avons juste le temps pour une dernière question. /
 
/ Que sera votre prochain livre ? /
 
/ Je n'en sais rien.
J'ai pas mal... J'ai beaucoup pensé à ça. J'ai toujours voulu écrire un livre qui se déroulerait en l'espace d'une chanson. Trois à quatre minutes, en totalité. Avec les rythmes, les accords, les circonvolutions mélodiques, le modes, les nuances, les changements de tonalités... L'histoire, l'idée, c'est qu'il y a ce gars, il est totalement déprimé. Il rêvait d'être un Don Juan, un aventurier, de piloter des motos à travers l'Amérique du Sud. Au lieu de ça, il mange du homard sur une table de marbre. Il a un bon boulot, un joli appartement, mais... Il a tout ce dont il a besoin, mais ça ne suffit pas parce que ce qu'il veut, c'est se battre pour une cause. Le bonheur est dans l'action, pas dans le contentement. Il est donc assis là et, juste à ce moment-là, sa jeune voisine de 5 ans saute sur la table. Il sait qu'elle devrait descendre pour ne pas se blesser. Mais elle danse, en robe d'été, sur cette chanson. Il baisse les yeux et, tout d'un coup, il a 16 ans. Sa petite copine le dépose chez lui. Ils viennent de perdre leur virginité, elle l'aime et on entend la même chanson à la radio, dans la voiture. Elle grimpe et se met à danser sur le toit de la voiture. Il s'inquiète pour elle. Elle est belle, avec la même expression que sa petite voisine. C'est peut-être pour ça qu'il l'aime bien. Il sait qu'il n'est pas en train de se rappeler cette danse, il est là. Il est là, dans les 2 moments, simultanément. Et pendant un court instant, sa vie se replie sur elle-même. Il est évident pour lui que le temps est mensonge. Que tout arrive tout le temps et, que dans tout moment, il y a un autre moment, se déroulant simultanément. Voilà, c'est un peu l'idée. /
 
Je me suis sauvé du cocktail, alléguant un départ imminent. Dans la rue, le taxi m'attend. Le conducteur est un Sarde, un homme avenant. Je lui demande de rouler vite, en cas de nécessité, je paierai l'amende, pourvu qu'il roule vite. La ville se déchire à travers la vitre teintée. Je veux m'enivrer. Echapper aux pensées. Me fondre dans l'oubli. Vespa. Flanelle. Eleonora. Soleil. Le monde autour de moi n'existe plus. Il ne me rattrapera pas. 
 
Fin de la mystification. /


16:16 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

22/07/2005

/à l'aveuglette/

/ C'est.
C'est arrivé comme ça.
Un jour. Allô ? Qui est là ?
C'est moi.
Je suis arrivée.
 
Je fermais les yeux en l'écoutant. Elle précisa qu'il ne s'agissait pas d'une "grande soirée", mais d'une simple introduction, d'une rencontre à l'aveuglette. Brouillard d'interrogations. Elle comptait sur ma présence, c'était important, elle me le demandait comme un service et elle eut un petit rire au bout du fil, tandis que je me répétais silencieusement qu'il devait s'agir d'un complot. Il n'en était pas question et assez d'humiliations et c'est d'une voix presque enjouée que je m'entendis pourtant lui répondre que j'acceptais son invitation. Oui, j'acceptais toutes les conditions, j'allais entièrement me prêter au jeu, sans faute, parole, elle pouvait compter sur ma présence, tandis que tout grinçait des dents en moi. Elle parut aussitôt incroyablement soulagée et en un instant, ce qu'il y avait de myosotis dans sa voix fut ressuscité et je notai sur un papier l'heure et l'adresse du rendez-vous; puis, sans que je sache comment, elle avait déjà raccroché et ce que nous avions maintenant à nous dire ne pouvait de toute façon l'être par téléphone.
 
J'y suis entré haletant, plus tôt que prévu. J'ai sondé la salle, et mon regard de loup solitaire a percuté les yeux d'une jolie serveuse, toute de noir vêtue.
/ Bonjour, j'ai réservé une table pour deux personnes au nom de Raf Stargasm. /
/ Oui, je me souviens. Vous avez demandé la table la plus discrète. Nous nous engageons à vous assurer un maximum d'intimité... /
 
Son sourire était aussi convaincant que la véracité de son mensonge. Elle m'a désigné la table, qui m'a parue un peu trop grande, un peu trop solennelle. Mais j'étais surtout un peu trop crevé pour ouvrir ma grande gueule. Et puis, j'ai toujours eu un faible pour les grands espaces. Alors, sans plus d'hésitation, je m'y suis assis. C'est important une table, elle doit être à la hauteur du festin. Je n'avais rien contre celle-ci. Bien au contraire. Quand les unes vous confinent dans votre gourmandise ou, par leur souillure, vous coupent l'appétit, celle-ci vous soulage et vous libère. Une table de resto, il faut pouvoir l'apprécier comme une vieille pute qu'on oserait appeler maman. Elle sera le témoin privilégié de votre rencontre. Votre confidente. Votre meilleure amie.

Dans l'attente, mon petit ventre commençait à hurler de désir. Je sentais une sorte d'allégresse fourmiller dans mes veines et je jubilais malgré moi car le rendez-vous qu'on m'avait prédit depuis des mois était enfin arrivé et cela valait bien la peine que je me ridiculise dans un restaurant mondain. En bien pire, j'aurais accepté de me travestir si c'était le prix pour la voir. Mais j'ai préféré rester naturel. J'ai même refusé de me raser, non pas par paresse, mais parce qu'à ce moment là, je considérais cet acte d'hygiène comme une mesquinerie sociale, une trahison de courtoisie. 
Bientôt, j'aurai percé le mystère, j'aurai déchiré le voile, j'aurai découvert le sens ultime du rébus. Pour l'instant, K. demeurait pour moi une énigme. De celles dont on aimerait jalousement garder le secret. Plus j'y réfléchissais et plus cette idée me transportait et m'enivrait et résumait à elle seule ce que je pouvais pour une fois imaginer de mieux : la vie se doit d'être vécue de manière surprenante, elle doit viser à l'authenticité. Jamais je n'accepterais d'en faire la photocopie des songes d'autrui.
 
Ce ne fut pas elle qui me reconnut. Elle ne m'apparut pas comme dans un rêve sculptée dans la lumière qui venait d'une arrière-scène et nous ne restâmes pas à nous contempler en silence, trop émus pour dire quoi que ce soit tandis que nos regards s'abreuvaient à ce qui leur avait échappé si longtemps et que l'enchantement matérialisait enfin et se nouaient les fils et qu'un même sourire se mettait alors à passer de ses lèvres aux miennes et c'était comme un baiser qui n'avait jamais cessé entre nous. En réalité, personne ne vint se mettre sur son séant.
 
Le sablier a murmuré sa sentance, et, chaussant mes Ray-Ban je suis parti.
 
Il est 19h30. La journée touche à sa fin. Je viens de fumer ma dernière cigarette. Le dernier souffle de l'impalpable. Le soleil scintille comme s'il allait bientôt s'éteindre. Avec lui, je décide d'étouffer mon propre incendie. Chaque fois, c'est le même vertige, comme marcher sur la crête d'une montagne sans savoir de quel côté tomber, et ce chahut à tout casser dans ma poitrine. Sur le trottoir de la rue t'Kint je titube. La décision que je prendrai, de toute façon, ne sera pas la bonne et, quelle qu'elle soit, elle me terrifie. Sauter dans l'abîme à pieds joints ? M'élancer dans le ciel de demain avec tous les petits cercueils qui s'entassent en moi ? Pas étonnant qu'il y ait un tel raffut à l'intérieur, un tapage qui n'en finit pas, broie mon sommeil et laboure mon ventre. Je ne le supporte plus. Respirer me fait mal. L'air, ou n'est-ce que mon histoire, étouffe dans une chaleur inconcevable pour un mois de juillet à Bruxelles.

 
Fin de la mystification. /

20:54 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

03/07/2005

/50° 4' N 19° 57' E/

// C'était en 1990, le 6 octobre exactement. Je devais avoir neuf ans. Rencogné contre la vitre de la portière arrière, mon magnifique violon posé sur mes genoux et mes mains ne le lachant pas et même le couvant, je regardais à travers la vitre défiler les lumières et les ombres et je me rappelais que tout avait commencé avec le départ d'Ulysse. Au matin, Ulysse s'était envolée vers le Soleil et, si j'avais bien compris à la radio, pour la première fois un objet fabriqué par l'homme allait sortir du plan de l'écliptique et s'affranchir de l'attraction de toutes les planètes et quitter notre système et ce n'était pas rien et maintenant que j'y songeais, je priais même pour que cette petite sonde atteigne son but sans encombres, car après, elle ferait des confidences aux calculettes géantes de la NASA, et ensuite, des gens très très intelligents et un peu chauves traduiraient tous ces spectres numériques en langage humain et nous expliqueraient que, contrairement à ce que l'on pensait jusque-là, le vent solaire se renforce aux latitudes polaires et qu'il peut atteindre la vitesse record de 800km/s et que, contrairement à ce qu'ils nous avaient fait croire jusque-là, le Soleil n'a pas de poles magnétiques, et je ne le saurais que plus tard, mais comme Ulysse, j'allais rencontrer une femme, qui reste pour moi le nom exotique de la pénicilline, une femme qui aurait raison de ma future détresse et qui serait pour moi un antidote au petit mal qui allait me ronger, et qu'elle serait pour moi cette plante moly dont il est dit dans l'Odyssée qu'elle protégea Ulysse de la puissance sexuelle de Circé, la magicienne qui transformait en pourceaux les marins accostant sur son île, et cela, je ne le savais pas encore, mais j'allais rencontrer Joyce et ses écrits sur l'étagère d'une librairie et les pages de cet exemplaire édité en Folio m'accompagneraient longtemps dans mes errances nocturnes au point de les trouver bien plus chaudes et évocatrices à mes sens que celles, glacées, de n'importe quel magazine playboy, mais cela, je ne le lisais pas encore, alors le 6 octobre 1990, sous l'onde lunaire exactement, je continuais à regarder défiler les ombres et les lumières et les étoiles autour, et je m'imaginais que les étoiles sont comme des trous d'aiguilles dans le rideau de la nuit, et qu'un jour, quand je serai grand, moi aussi je filerai à des milliers de kilomètres par seconde et que je découvrirai des pays lointains et rencontrerai des amis que je ne connaissais pas encore et que je braverai les lois de la pesanteur des choses et des gens et que j'avalerai les fuseaux horaires comme mon père brûlait les feux rouges, et que des satellites espions localiseraient mes déplacements en transformant les latitudes et les longitudes en signaux GPS, mais qu'ils ne m'empêcheraient jamais de rejoindre les miens, et je me rappelle que c'était ce jour-là que tout avait commencé, que je décidais d'écrire le monde parce qu'il était quand même beau et de vivre dès cet instant le périple qui allait être le mien...
Des années plus tard, je ne savais plus quoi penser, tout ceci me dépassait; par quel prodige mon destin pouvait-il être à ce point lié et, en tous les cas, synchrone de celui d'une petite sonde de 57 kilogrammes ? C'était délirant et d'une certaine manière effrayant et j'appelais Sophie, à Cracovie, pour lui faire part de cette ultime coïncidence et lui dire que moi-même trouvais cela tiré par les cheveux et personne ne voudrait me croire et elle me dit tranquillement que depuis l'âge de neuf ans, que faisais-je d'autre sinon tirer la réalité par les cheveux pour accrocher son scalp à ma ceinture et je n'avais pas à me plaindre et elle avait envie de me voir et en raccrochant je me demandais si, par hasard, elle ne pesait pas exactement 57 kilos.

Alors, je suis parti.

Pour vérifier. //

01:18 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |