17/05/2005

/all tomorrow's parties/

// Je t'observe à présent au travers du viseur de mon LOMO LC-A (l'original, le vrai, avec l'étoile soviétique tatouée dans le dos). Trois mètres de distance. Juste assez pour prendre le recul nécessaire par rapport à l'énormité de la situation. Tu te tiens debout face aux gradins du petit terrain de foot de ton village. Tel un tribun cocaïné, tu gesticules des gymnastiques improbables pour illustrer ton discours. Le salut nazi, la croix gammée, Mussolini et... toute sa foutue relève. S'il n'y avait ta crête de punk bobolchévique, taillée dans un des salons capillaires les plus branchés de Milan, Path - le flic conservateur - t'aurait déjà fusillé. Dégommé comme un rat pour incitation à la haine raciale et autres délits révisionnistes et antisémites. Quelles sont les valeurs auxquelles tu te rattaches? / RESPECT. INTEGRITE. DEFENSE DE LA DEMOCRATIE. / Qu'entends-tu par "intégrité"? / Path frissonne, déconcerté. / Tu te fous de moi? / Non. Je ne sais pas ce que signifie "intégrité"... / Un instant, je me dis que tu es vraiment en train de te payer de sa tête. Que tu as encore fini par élaborer un malicieux stratagème pour extraire le germe, la quintessence de sa pensée. Tu as toujours eu cette soif vampirique, ce romantisme du détail. Je te revois, le soir, à Bruxelles, déambulant l'avenue Louise. Pour tuer ton ennui, tu éclatais les rétroviseurs des voitures immatriculées "C.D.". Tu volais les oeuvres d'Edgar Poe, de Céline, de Burroughs et de Bukowski. Tu chantais les Stones, le Velvet, Patti Smith, Cream et Ziggy. Tu déclamais l'Antéchrist de Nietzsche au cours de soirées flinguées, arrosées de Vodka Gorbachev, de pisse, parfois de gerbe déposée en bouquets psychédéliques dans l'évier... Et je t'observe à présent sur ces marches. Huit mois après ton exil romain. Inaltérable. Lucide. Triomphant. Fou furieux. Ta folie, Ben, s'est épanouie en une fleur surnaturelle. Je m'en suis aperçu lorsque... CLIC! Instinctivement, le coup est parti.
Te voilà immortalisé sur pellicule.
Toi. Mon magnifique ami. //



22:20 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

pompompom petite découverte, je passe...

Écrit par : lena | 17/05/2005

Abaisses un peu la lumière Jack... lumière tamisée.
larges volutes de fumée.
et une poignée de souvenirs dans le brasier de la petite lumière rouge qui toujours accompagne la lente révolution du sillon vinylique.

Voilà mon dimanche catharsique.

J'ai trainé des pieds toute la journée à Milan...merde, c'était la foire du disque. Quatres énormes globes de plastik lacté, plantés on ne sait quand, dans une trop petite pelouse d'herbe brulée, formaient pour l'occasion de la 4ème foire du disque, un palais des expositions...

Bien que le montant de la facture s'éleva à 79 euros, je rentrai guilleret a casa après un hot dog sans gout. Dans ma valise, quelques gemmes psychédéliques fraichement rééditées et un pressage original américain du Jefferson Airplane.

J'avais bu, il est vrai, pour quelques sous, au petit estaminet rebaptisé pour le jour "Transylvanian Brain Surgery Stop". Un anglais me fit des compliments en grandes pompes pour mes achats. Un français me pria de ne jamais épouser d'Italiennes. Un flamand me salua. Et un Croate, bati comme un ours des mers, la barbe rousse, m'éroda le prix d'une galette du Bagdad Blues Band.

Au dehors, à l'air libre, les épaules féminines s'éfeuillaient lassivement des couches superflues. Les cailloux du chemin, surchauffés par l'astre solaire, laissaient effuser une légère vapeur. Je marchai le long de l'autoroute, le pouce droit levé dans l'air blanc atonique de ce début d'été.

Peine perdue.

Je montai dans un car qui, en trombe, me rapporta à la station centrale de Milan. Batiment mystérieux construit en l'an du Christ 1936 dont les aigles de marbre, à jamais prisonniers de l'architecture, semblent sommeiller sans fin. Je remarquai au passage une plaque d'égout toujours en usage bien que passablement rouillée sur laquelle était inscrit made in USSR.

Une devinette me trottine la tete. Qui se serait suicidé à l'age de trente ans après ces dernières paroles : " Aujourd'hui, le monde perd un grand artiste".

Bttiizzz. Mon ticket est poinçonné. La journée, enfin, peut bien s'écraser dans les foudres écarlates du soleil couchant.

Après ce récit très véridique de ce dimanche 22 mai, je me sentirais fort aise d'infléchir de quelques bémols la fureur légendaire avec laquelle mon ami Raf dépeint mon bien triste portrait.

Je n'ai jamais volé d'Edgar Poe. Je me souviens etre tombé un jour, en la compagnie de notre illustre ami et hote de ce site, devant un exemplaire exhaustif de toutes les oeuvres de ce novelliste. Cette pierre de Rosette de la littérature était, de plus, bradée à l'extreme. Raf était fort rouge, je virais au blanc. Nous nous sommes battus comme des chiffoniers devant le rayon "littérature" du Pele-Mele sur le boulevard Lemonier. L'aiguille pointait les quatres heures et demie. Un spaghetti diable au Meteko [? orthographe incertaine] enterra les transes et autres aigreurs de cette après-midi là. Aujourd'hui, l'oeuvre intégrale d'Edgar Poe prend la poussière sur l'étagère de Raf.

Je hais Bukowski. Parlons de Dostoievsky si vous souhaitez me parler de littérature.

Quand à l'oncle Bill, j'ai bel et bien volé la toute première édition française de son texte le plus célèbre, paru en 1964 sous les presses Gallimard. Beatnik way of living obliged.

J'ai bien essayé un jour de m'emparer d'un Céline de 48/58cm de couverture, richement illustré d'une pointe de plomb, mais mon sac trop lourd s'éventra devant la caisse du négociant, libérant mon larcin honteux qui retourna de lui-meme sur son étagère. Je du mon salut à la cohue générale et à l'entrée fracassante de toute une classe de troisième primaire, probablement en visite de jour-là.

Enfin, par pur souci de clarté et d'exhaustivité, je mentionnerai à mon tableau de chasse la rapine d'un Docteur Jivago en un seul volume (plus de 954 pages, rendez-vous compte!). Aucun artifice cette fois, je l'emportai sous le bras.

Pour terminer, et ce dans un contexte de brocante en plein air (beaucoup plus aisé pour les grosses pièces), les "Méditations" de Lamartine dans une édition de 1864; Le "Voyage de Paris à Jérusalem" de Chateaubriand dans une édition de 1837; finalement, car je commence à craindre d'exciter les larrons qui ne manqueront pas de me lire, une splendide édition des Musardises d'Edmond Rostand en in-8°, illustrée et numérotée, datée de 1901.

Sur ce, merci Raf pour ma légende. Bonjour aux filles. And Keep on the burning of the midnight lamp. Salut & Respect.

Écrit par : monsieur orange | 23/05/2005

chose promise chose due.... salut raf ;
ce n'est pas vraiment un commentaire sur ce que tu vient d'écrire sur ton ami ben , bien que ça m'amuse , mais je t'ai promis de te laisser un commentaire et voilà , un commentaire sur quoi??lol
sur notre amitié bizaroide , faite de rspect l'un pour l'autre bien qu'on se soit rencontré peu cette période , je te remercie , t'es l'une des rares personnes avec qui j'apprends quelque chose de nouveau sur le net , des noms d'artistes ( commencant par ton pseudo lol) et des auteurs , je t'encourage pour ton blog , il est varié , on apprends des choses , c underground et j'aime ça , bon je dois partir je suis toujours qu'un passager , méme sur le net lol

Écrit par : chakib le passager | 24/05/2005

Jus d'orange imbuvable "lumière tamisée.
larges volutes de fumée.
et une poignée de souvenirs dans le brasier de la petite lumière rouge qui toujours accompagne la lente révolution du sillon vinylique. Voilà mon dimanche catharsique[etc etc jusqu'a la fin]"

Nul, ampoulé.

Tachez de citer vos sources quand vous la jouez verveux du dimanche : "Je hais Bukowski. Parlez-moi de Dostoïevski si vous voulez que nous parlions de littérature" LOU REED

Et puis c'est bourré de fautes, faites un effort mon brave !

Orb, harponneur de FAT.

Écrit par : Orb | 08/02/2008

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