14/05/2005

/lipstick traces/

// Pendant que Sam et Guillaume étaient à l'extérieur en train de dérober des cigarettes à un passant, je l'observais dans un café, le Bar Parallèle. Elle était seule. Avec son joli visage, un t-shirt bleu et les joues rosies par le soleil. J'aurais aimé la prendre en photo. Le même soir, j'ai réalisé qu'au bout du compte, la grâce était trop remuante pour tenir dans une oeuvre. Qu'elle se cachait plutôt dans la façon dont une jeune inconnue pouvait porter un verre d'eau à ses lèvres. Nous avions parlé pendant de longues heures. De tout sauf de nous. Au petit matin, je l'avais raccompagnée jusqu'à la Petite Suisse. On s'était attardés encore quelques minutes. Histoire de voler un peu de temps avant que tout passe. À s'envoyer des mots simples comme les caresses d'une sage-femme. À s'effleurer les visages pour être sûrs que l'on existe mutuellement. Alors, nous y avons cru l'espace de cette nuit étrange. Avec un baiser échangé sur le pas de la porte, en tremblotant, du bout des lèvres, comme une naissance. Une naissance qui n'avait donné sur rien. Une naissance avortée. Certains respectent les églises. Moi, c'est devant l'éphémère que je m'agenouille. //

19:08 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

°] Plus on avance dans l'âge ... Plus le bonheur est à partager dans l'instant.
Et demain est un autre jour...
:-)

Écrit par : Melo | 15/05/2005

/*/ mais... l'unité de mesure du bonheur n'est, par essence, qu'un instant.

Écrit par : chien_de_lune | 15/05/2005

°oO Oo° Merci beaucoup
De m'avoir ajouté dans
Tes Parallèles :)

Écrit par : OmBrE-EllE | 15/05/2005

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