12/05/2005

/dur à queer/

// La rampe d'escalier m'emmena, en toute gentillesse, vers l'épais nuage du café. Ils étaient deux face à mon camarade. Salva regardait la fille comme si elle était la plus grande salope du système solaire. Elle avait la main sur le genou du jeune homme au fameux "cul sublime". Et le "cul sublime" paraissait bien embêté entre sa gonzesse et Salva le magnifique. Je me suis assis au moment où Salva déclarait que les vrais hétéros, ça n'existait pas. La fille s'est mise à rigoler, mais d'un rire pas joli du tout. Ecoute, mademoiselle Agnès, ai-je grincé, je vais te filer un petit conseil. Ne rigole plus jamais comme tu viens de le faire. / Je m'appelle pas Agnès. / Un rire, c'est trop magnifique pour supporter les imitations. Ton rire forcé, volontaire, qui sort du tarin, ce n'est qu'un triste plagiat de l'ami des larmes. Une sordide contrefaçon. Un rire, ça doit venir du ventre et se finir en bouquet dans la gorge. Comme une joie qui déplierait ses ailes. Et puis non. Je me goure. Un rire, ça n'a pas de loi. Faut le laisser libre, juste qu'il s'envole à la manière d'un CUL auquel on offrirait un deuxième L. / Je l'ai regardée avec un sourire de dentiste et je l'ai sentie à point. Les lèvres pincées et la bave au coin. C'est toujours comme ça que tu t'amuses, la nuit, avec ton copain pédé ? / Ne parle pas de la nuit, rétorquai-je / Ne parle pas des pédés, rajouta Salva. //


16:38 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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