08/05/2005

/ultime déclaration/

// Henry Miller, les amis. Un sauvage. Un cador. Lorsqu'on invitait le monstre dans les dîners bourgeois, il se gavait avec les doigts, mangeait pour deux jours et buvait pour la semaine. Il n'avait peur de rien. Il n'avait rien à perdre. Dans Sexus, il désire Mara comme on ne se rappelle pas qu'il était possible de désirer quelqu'un. Exemple ? Exemple : «Mara, je suis un désespéré de l'amour, je scalpe, je tue. Je suis insatiable. Cheveux, poils, cérumen, caillots de sang séchés, n'importe quoi, tout ce que tu dis t'appartenir, je le dévore. Ton père – montre-le-moi, avec ses souvenirs, je le dévore. Ton père – montre-le-moi, avec ses cerfs-volants, ses chevaux de course, ses entrées gratuites pour l'Opéra... que je dévore le tout, que je le gobe vif.»
 
Quel ennui pour les filles d'aujourd'hui. Toutes ses années sans croiser un seul type capable de raconter tout ça, de vous avaler crue jusqu'au dernier orteil. Miller devrait revenir juste pour ça. Histoire d'engloutir toutes les parcelles d'un corps par amour. Il faut lire Sexus. Cela excite. Sexus est une explosion. Un livre bourré d'alcool, de sexe, d'amour et de mal de vivre. Enfin, c'est le récit de cette drogue étrange qu'est l'écriture. Qu'est-ce que l'écriture, petit ? De quel droit tu commences à te répandre avec tes petits maux ? Page 26, le roi explique :
 
«Si l'homme écrit, c'est pour vomir le poison qu'il a accumulé en lui du fait de l'erreur foncière qu'il commet dans sa manière de vivre. Il cherche à reconquérir son innocence.»

Henry Miller, Sexus, 6,50 euros (Le livre de Poche). //

19:46 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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