17/04/2004

/vapor, stories & tango queen/

Métro ligne une. Tu pars de ton côté et moi du mien, comme deux mains qui s’éloignent l’une de l’autre.
 
Nous avons sauté du même pont, tu t’en souviens ?
 
Et tu pleures, de ton côté et moi du mien, métro ligne une. Soupirs, clés de sol, lutte sur la portée en points de suspension, silence. Dans la nuit, les notes dansent sur le clavier de nos écrans, d’un bout à l’autre de Bruxelles. Déjà tu me manques.
 
Dans ces heures sans heure étouffées par le tourment, tu dis
 
   parle-moi…
 
Les maux asphyxiés au cœur des poumons, je ne peux pas. Bruxelles est devenue un labyrinthe. Je ne sais plus où je suis. Metropole, je ne reconnais plus la place de Brouckère, je suis perdu. Au Mont des Arts un matin de brume, j’ai oublié un rendez-vous, je crois, je ne sais plus. Caprice des dieux, qu’une bombe explose enfin. Aide-moi, je suis coupable de vivre.
 
D’espérer.
 
De vouloir.
 
Et d’aimer.
 
Simulacre, les lieux se succèdent & ne se ressemblent plus. L’existence est un faux-semblant. Je veux la nuit, le noir, couleur de l’espoir. Ophélia dans les limbes du cauchemar. Allongée dans sa robe, elle flotte sur la surface apaisée d’un lac. Le ver est dans le fruit, il me suit dans les rues, pas à pas. Me traque. Détraque. Et.
 
/ Monstre en moi, un poignard dans le ventre, le tuer tu dis /
 
   ne pleure plus...
 
Fontaine des Innocents. Je t’écoute en silence, des larmes de khôl le long de tes joues. Tu m'as assassiné.
 
Promets-moi, de déposer une rose blanche sur mon cadavre.
 
Et de vivre.
 
Tu m’as donné ce qu’il y a de plus beau. Je ne le vivrai jamais. D’exil en exil j’ai perdu tout espoir, tu démens
 
je suis sûr que tout ira bien…
 
du fond de tes draps noirs j’aimerais tellement, tellement, te croire.
 
Du sang sur les doigts.
 
Beau.
 
Pur.
 
Clair.
 
Avec quoi te coupes-tu la nuit durant ? J’ai si mal. Une lame de rasoir au poignet. Où sont passées les notes de piano, je mourrai sans laisser de traces, tu murmures
 
ne pense pas ça je t’en prie…
 
/ ils m’ont détruite, détruite tu sais, j’ai simplement voulu croire, en la vie. /
 
Ecrasé contre un mur je ne sais plus, ils parlent de choses que je ne comprends plus, philosophie, religion, probabilités, hypothèses. Hypothèses ? Je vous éclate de rire à la figure vous deux ! Votre lotto ne m’intéresse guère. Je préfère la roulette russe, un sniper au fond des yeux.
 
Mon cynisme vous dérange ? Votre discours est indécent. Dites « je ne sais pas » ou taisez-vous, le reste ne vous regarde pas. Ce n’est pas ce que je vous demande. Ce n’est pas votre métier.
 
Vous me condamnez ?
 
La mauvaise herbe ne meurt jamais. Je descends aux Enfers.
 
/ Guitares, je grince des dents. Hurlez ma rage de vivre, ils ont violé mon regard, je pleure mon corps aux voix de la nuit. Silence, j’ai fait l’amour avec mes démons dans des chambres candélabrées. Tu étais si beau, tes lèvres sur les miennes “never thought I...” /


13:13 Écrit par chien_de_lune | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

... ... Je relis. Je relis...

Écrit par : sophie | 12/05/2004

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